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Les Logiciels SaaS sont devenus indispensables et stratégiques pour toute entreprise souhaitant externaliser ses outils logiciels. Ils se sont imposés comme la norme dans la distribution de logiciels en B2B avec accès distant, facturation récurrente et promesse d’une disponibilité continue.
Mais les Contrats Saas sont souvent complexes, déséquilibrés et dangereux pour les PME.
En effet, il ne s’agit ni d’un contrat de licence classique, ni d’une simple prestation de service, mais d’un contrat hybride, où se mêlent des enjeux de disponibilité, de sécurité des données et de responsabilité. Il est régi par le droit commun des contrats ainsi que par les réglementations sectorielles applicables.
Pour comprendre, sécuriser et négocier ton accès à un Logiciel SaaS, découvre ses clauses essentielles, modèles, exemples pratiques, enjeux RGPD, moyens de sécurisation et quelques conseils pour négocier efficacement ton Contrat SaaS.
Le contrat SaaS (Software as a Service) désigne le contrat de prestation de services informatiques encadrant la mise à disposition d’un logiciel accessible à distance (en mode cloud) via internet, sans installation locale, selon un modèle d’abonnement ou une licence d’utilisation temporaire, entre éditeur et client professionnel
Contrairement à la licence traditionnelle « on-premise », il n’y a pas d’acquisition du logiciel en tant que tel, mais un droit d’accès au service informatique, souvent modulable et évolutif selon les besoins et la taille de ta structure.
Exemple concret : Une entreprise souscrit un outil de gestion comptable en mode SaaS. Elle n’installe rien sur ses serveurs, se connecte via le web et paie une redevance mensuelle ou annuelle. Le fournisseur assure la maintenance et la sécurité, tandis que l’entreprise se concentre sur l’utilisation fonctionnelle du logiciel.
Point pratique : Certains contrats incluent des avenants pour des services tiers (API, modules complémentaires), dont l’intégration doit faire l’objet d’une attention particulière au niveau juridique.

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Le contrat SaaS formalise ces relations entre ces parties, précise les droits d’utilisation, les responsabilités et les garanties de chacun. Assure toi d’être avec le bon partenaire.
Il convient de définir précisément :
Exemple de clause d’objet :
« Le fournisseur met à disposition du client, en mode SaaS, la solution logicielle X permettant la gestion automatisée des factures, accessible à tout moment via l’URL dédiée, dans les conditions définies au présent contrat. »
Il faut décrire précisément :
Les conditions d’utilisation fixent le cadre dans lequel le service peut être exploité et précisent les usages autorisés et prohibés.
Ces stipulations visent à prévenir les comportements susceptibles de compromettre la performance ou la sécurité du service, tels que la surcharge volontaire ou l’usage frauduleux.
Il est possible que ces conditions fassent l’objet d’un document dédié car elles ont vocation à s’appliquer aux utilisateurs finaux qui ne sont pas nécessairement le client.
Le Contrat fixe des objectifs de disponibilité (généralement 99,9%) et de performance du service (support, délais d’intervention…) et précise les recours en cas de non-respect (avoirs, crédits, pénalités).
Les engagements de performance sont généralement formalisés dans les accords de niveau de service (SLA) en annexe du Contrat SaaS
Exemple d’indicateurs clés :
Le SLA doit aussi lister les exceptions (failles réseau, virus, force majeure) pour délimiter les responsabilités.
Lorsque l’éditeur s’engage à un niveau de disponibilité minimum, un mécanisme de pénalités (souvent appelé « crédits SLA ») peut être prévu.
Dans ce cas, la rédaction de cette clause devra elle-même faire l’objet d’une rédaction minutieuse notamment sur leur caractère libératoire.
Questions essentielles :
La définition des données : un actif stratégique
La notion de donnée est essentielle dans le contrat SaaS.
Si la propriété des données importées par le client ne fait guère débat, celle des données d’usage générées par son activité sur le logiciel est plus délicate.
Ces données, agrégées et analysées, peuvent avoir une valeur stratégique pour les éditeurs, qui peuvent les exploiter pour établir leur roadmap et améliorer la sécurité de leur produit.
Le contrat SaaS pourra donc judicieusement inclure les définitions inhérentes à ces données ainsi que leur propriété et donc leur droit d’usage.
Dans ce cadre, il est utile de rappeler que ces données d’usage peuvent être considérées comme des données à caractère personnel au sens du RGPD, si elles permettent d’identifier directement ou indirectement une personne physique. Elles doivent donc s’inscrire dans le cadre d’un traitement conforme au RGPD, notamment eu égard à la licéité du traitement.
La localisation des serveurs ne relève plus d’une simple considération technique : elle constitue un paramètre déterminant de la souveraineté numérique et de la maîtrise des risques juridiques.
L’hébergement des données auprès d’acteurs non européens expose les clients aux effets extraterritoriaux de législations étrangères, notamment le Cloud Act américain, dont la portée a été au cœur des arrêts Schrems I et II ayant conduit à l’invalidation du Privacy Shield en 2020.
Si, en matière de données à caractère personnel, le risque de transfert vers les États-Unis a été partiellement atténué par la mise en œuvre des clauses contractuelles types de la Commission Européenne et par la décision d’adéquation relative au Data Privacy Framework en 2023, la dépendance à des prestataires extra-européens demeure un enjeu stratégique.
En période d’instabilité géopolitique, cette dépendance peut entraîner des conséquences majeures : rupture de service, ingérence étatique ou perte de contrôle sur des données critiques, compromettant ainsi la continuité et la sécurité des opérations.
Il peut être utile dans les Contrats SaaS les plus stratégiques de se tourner vers un hébergeur européen ou à tout le moins d’anticiper des mécanismes de garantie de continuité des services et de confidentialité.
Vérifie :
La sécurité des données hébergées par le fournisseur SaaS est un enjeu majeur.
Le contrat doit préciser :
Par exemple, les données relatives à vos formulations de produits hébergées dans le SaaS ne doivent pas pourvoir être extraites ou compromises par un tiers non autorisé. C’est une garantie minimum dont il faut vous assurer !
Les mesures techniques mises en œuvre qui peuvent être détaillées dans une annexe dédiée pour plus de lisibilité.
Des règles sectorielles peuvent également imposer des obligations plus ou moins contraignantes sur les éditeurs, par exemple :
A noter également : l’éditeur doit s’assurer que les sous-traitants auxquels il fait appel appliquent également des mesures substantiellement équivalentes à celles qu’il s’engage à appliquer auprès de ses clients.
Le fournisseur agit généralement en tant que sous-traitant au sens du RGPD, le client restant responsable en dernier ressort.
Le contrat doit prévoir :
Exemple de clause RGPD :
« Le fournisseur s’engage à respecter les obligations de sous-traitance au sens du RGPD, à mettre en œuvre tous les moyens nécessaires à la sécurisation des données, et à notifier toute violation dans les meilleurs délais au client. »
Beaucoup de contrats SaaS limitent leur responsabilité à… 1 mois d’abonnement. C’est insuffisant.
Définis clairement :
La négociation des plafonds spécifiques (pour les manquements RGPD, par exemple) doit être rigoureuse pour éviter un risque de contentieux disproportionné.
La responsabilité doit être soigneusement calibrées pour ne pas priver le client de toute indemnisation au risque de vider de sa substance l’une des obligations essentielles du Contrat Saas.
Une autre limite à sa rédaction tient aux dispositions d’ordre public au titre desquelles on retrouve classiquement dans le Contrat SaaS le cas du dol et de faute lourde (art. 1231-3 Code civil).
Comment récupérer tes données si tu changes de logiciel ?
La réversibilité est devenue un enjeu stratégique des Contrats SaaS.
Une clause de réversibilité bien rédigée permet de limiter ta dépendance technologique.
Le contrat doit :
C’est une clause-clé pour éviter – en cas de rupture – de se retrouver « prisonnier » de la solution SaaS sans accès rapide à ses informations stratégiques.
Exemple de clause de restitution :
« À la cessation du contrat, le fournisseur garantit la remise, au format exploitable, de l’intégralité des données du client, dans un délai de 15 jours ouvrés, sans frais impromptus ni altération. »
Montant des frais de portabilité :
La Loi n° 2024-449 du 21 mai 2024 visant à sécuriser et à réguler l’espace numérique (dite loi SREN) est venue poser un nouveau cadre législatif sur cette clause en mettant à la charge des fournisseurs SaaS des obligations de transparence sur les coûts ainsi qu’en venant plafonner le montant des frais de portabilité en cas de résiliation du contrat.
L’arrêté du 17 novembre 2025 plafonne ces frais à 0 euros jusqu’au 12 janvier 2027.
Ces frais correspondent aux frais facturés par le fournisseur cloud à un client pour l’extraction, par un réseau, des données de ce client depuis l’infrastructure du fournisseur SaaS vers les systèmes d’un autre fournisseur ou vers une infrastructure sur site.
Le contrat précise que le logiciel reste propriété de l’éditeur, le client n’en détenant qu’un droit d’usage à titre non exclusif, limité à la durée du contrat et selon les conditions prévues.
Sont également généralement prohibées toutes les activités de reproduction, décompilation ou reverse engineering.
Hors les cas de revente par des tiers type intégrateur ou revendeur, ce droit de licence n’est pas sous licenciable.
Toute violation expose à des sanctions contractuelles.
Dans les Logiciels SaaS les plus stratégiques, il est possible de prévoir une clause d’entiercement permettant au client d’avoir un accès au code source du Logiciel Saas en cas de disparition du fournisseur SaaS et à plus forte raison de l’éditeur du Logiciel SaaS.
Le Contrat doit prévoir :
Exemple pratique : Un logiciel propose un forfait mensuel de base (50 €), auquel s’ajoutent des options payantes pour la sauvegarde avancée (+10 €/mois) et le support prioritaire (+20 €/mois).
Modèles de Tarification et Licences SaaS
Pour élaborer sa stratégie de tarification, l’éditeur répond à des questions ciblées telles que :
Il sélection une des cinq stratégies populaires de tarification SaaS :
Conditions de vente/d’achat : vérifie tous les détails relatifs à l’achat : modes de paiement, soumission de la commande, offres et remises, etc
Comptabilisation de l’Abonnement SaaS
L’abonnement SaaS s’enregistre comme une location de service, facilitant l’audit des dépenses numériques et permettant une flexibilité en cas de changement de fournisseur.
Le paiement d’un abonnement SaaS constitue une charge récurrente (compte 6135 « locations mobilières »), contrairement à une licence acquise qui est ancrée dans les actifs (immobilisation et amortissement).
Ce traitement simplifie la gestion comptable des outils cloud, excluant la nécessité d’amortir sur plusieurs années.
L’évolutivité est un autre enjeu majeur.
Elle justifie le modèle économique du SaaS, fondé sur l’abonnement plutôt que sur l’achat ponctuel.
Pour l‘éditeur, il est opportun de s’interroger sur l’intégration automatique de toutes les évolutions dans le prix de l’abonnement. Notamment avec la mise à disposition de fonctionnalités dont les coûts de développement sont largement supérieurs aux revenus générés par les abonnements (par exemple les fonctionnalités reposant sur de l’intelligence artificielle).
Selon la stratégie financière adoptée, il pourra être utile d’indiquer ou non dans le Contrat SaaS les évolutions qui sont intégrées automatiquement dans le périmètre de l’abonnement et celles qui pourront faire l’objet d’une facturation supplémentaires (formule à la carte par exemple selon les modules utilisés par le client).
Pour le client, il est intéressant de prévoir une clause de non régression des fonctionnalités, ou de maintien des fonctionnalités essentielles du produit de manière à garantir l’utilité du Logiciel SaaS dans la durée.
Enfin, à cela s’ajoute la question de la participation des clients à la roadmap, qu’il s’agisse de simples feedbacks ou de développements spécifiques. Ces derniers gagnent à être encadrés.
Dans le cas où un éditeur s’engage à développer des fonctionnalités sur demande d’un client, il sera essentiel de prévoir le régime de ce développement dans le Contrat SaaS, notamment en ce qui concerne la propriété des fonctionnalités et leur recette, car le Logiciel SaaS n’a pas vocation à devenir Logiciel ou un service sur mesure.
Doivent être annexées au Contrat Saas :

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L’intégration croissante de l’intelligence artificielle dans les Logiciels SaaS soulève de nouveaux défis.
Il convient d’encadrer l’utilisation des fonctionnalités IA, de prévenir des risques liés aux hallucinations ou aux résultats erronés et de garantir la confidentialité des données échangées avec ces outils.
Il pourra être opportun de dédier un article à ces sujets pour encadrer le régime spécifique de l’utilisation des fonctionnalités qui reposent sur l’intelligence artificielle, notamment en termes de responsabilité de chaque partie. Une documentation technique claire est également utile pour informer les clients et faciliter les échanges lors de la contractualisation.
Par ailleurs, le Règlement (UE) 2024/1689 du Parlement européen et du Conseil du 13 juin 2024 établissant des règles harmonisées concernant l’intelligence artificielle, dit Règlement sur l’intelligence artificielle (dit RIA), qui va entrer en application de manière progressive jusqu’en 2027 impose, selon le niveau de risque et le degré d’interaction avec les utilisateurs, des obligations de transparence et de documentation auprès des éditeurs qui veulent intégrer ces fonctionnalités.
Le Contrat SaaS en marque blanche permet à un éditeur SaaS de te proposer sa solution logicielle SaaS pour que, toi (le Client), tu la commercialise sous ta propre marque, sans révéler le véritable fournisseur auprès des utilisateurs finaux.
Ce modèle présente des avantages commerciaux importants, mais nécessite une vigilance particulière sur certains points juridiques.
Voici les éléments clés à intégrer pour sécuriser efficacement tes Contrats SaaS en marque blanche.
La 1ère étape essentielle est de définir précisément ce qu’est la « marque blanche » dans le contrat, par exemple :
« Mise à disposition de la Solution SaaS pour une utilisation sous la marque du Client, sans mention du Prestataire auprès des utilisateurs finaux. »
Il est crucial de spécifier que le Contrat Saas porte exclusivement sur la licence d’utilisation du Logiciel SaaS, destinée à être commercialisé par tes soins à tes propres utilisateurs.
Le contrat doit préciser clairement les droits qui te sont accordés :
La différence avec le Contrat SaaS classique porte essentiellement sur la personnalisation, qui n’est pas possible en SaaS standard.
Définis clairement tes obligations, notamment :
Deux approches peuvent être envisagées :
Quelle que soit l’option choisie, une clause doit prévoir ta responsabilité exclusive pour les actes des utilisateurs finaux.
Le Contrat SaaS doit préciser clairement
Tu es uniquement propriétaire de tes éléments de marque, que l’éditeur Saas intègre au Logiciel SaaS lors du paramétrage.
Il convient de définir clairement :
En général, tu es responsable du support de premier niveau et l’éditeur SaaS du second niveau.
L’éditeur SaaS n’a en principe pas d’interaction avec l’utilisateur final.
Cette partie cruciale doit préciser les rôles :
Prévois un accord sur le traitement des données (DPA) détaillé, précisant tes obligations en tant que client d’informer tes utilisateurs finaux. L’éditeur SaaS sera déclaré comme sous-traitant RGPD.
L’objectif est de prévoir une séparation claire entre les obligations de l’éditeur SaaS (fournir le Logiciel Saas) et les tiennes (fournir le Logiciel Saas adapté à tes propres clients, pour leur propre usage). Ce schéma se rapproche de celui de la vente indirecte, avec une couche supplémentaire liée à la marque.
Le modèle tarifaire d’un Contrat SaaS en marque blanche diffère sensiblement du Contrat SaaS standard.
L’éditeur facture généralement un prix de gros au revendeur, qui applique ensuite sa propre marge vis-à-vis de ses utilisateurs finaux.
Le Contrat SaaS doit prévoir la structure tarifaire retenue (prix par utilisateur, forfait mensuel, paliers de volume) et préciser que l’éditeur ne peut pas imposer un prix de revente fixe — le revendeur restant libre de sa politique commerciale. Cette question rejoint celle de la facturation variable en Saas avec une complexité supplémentaire liée à la chaîne de distribution.
La marque blanche crée une chaîne contractuelle à 3 niveaux — éditeur – client/revendeur – utilisateur final — où chaque maillon doit savoir exactement ce qu’il peut et ne peut pas faire.
Plus le contrat est précis sur la répartition des rôles, moins le risque de litige est élevé
Un contrat SaaS mal négocié peut mettre en danger ton entreprise.
La négociation d’un contrat Saas exige une vision claire des risques, des besoins techniques et des enjeux juridiques.
Un contrat bien rédigé t’apportera sécurité, évolutivité et conformité réglementaire, tout en facilitant la gestion et la valorisation de tes données.
C’est un instrument stratégique qui conditionne la pérennité de ta relation avec l’éditeur. C’est une clé de sécurité et de confiance !
1M50 AVOCAT accompagne les PME dans la négociation de Contrats SaaS avec leur éditeur.
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